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BeBiodiversity Les pesticides : des évolutions timides

Les pesticides : des évolutions timides

De nouvelles études et rapports confirment quotidiennement l’état alarmant de la biodiversité. Le constat ne concerne plus uniquement des espèces emblématiques telles que l’ours polaire ou le rhinocéros blanc. Les espèces les plus communes sont aussi menacées… C’est le cas des oiseaux communs dont le nombre en Wallonie a diminué de 50% en 25 ans ! Parmi les causes de ce déclin en Europe, arrivent en première place l’agriculture intensive et l’utilisation de pesticides. Le recours aux pesticides par les particuliers est également problématique. Petit récapitulatif des évolutions récentes concernant ces produits.

Tout d’abord, il est utile de rappeler que le terme « pesticide », auquel les industriels préfèrent le terme « produits phytopharmaceutiques », couvre notamment trois grandes catégories de substances : les herbicides (pour lutter contre les « mauvaises herbes »), les insecticides (contre les insectes) et les fongicides (contre les champignons). Il existe énormément de produits mais l’attention s’est dernièrement concentrée sur le glyphosate d’une part, et sur les néonicotinoïdes d’autre part. Pourquoi ?

Le glyphosate, un débat sur la santé

Le glyphosate est le désherbant le plus vendu au monde : 720 mille tonnes écoulées par an. Il s’agit en réalité d’une substance qui entre dans la composition de 750 produits, dont le fameux Round Up. Des études ont démontré que le glyphosate est omniprésent dans notre environnement et en particulier dans notre alimentation. On en trouve par exemple dans la bière et même dans l’urine.

La polémique s’est accentuée lorsque le Centre international de recherche sur le cancer a proposé début 2015 de classer le glyphosate comme « probablement cancérogène pour l’homme ». Outre ses conséquences pour la santé humaine, de nombreuses études pointent aussi les effets du glyphosate sur des plantes a priori non ciblées, ainsi que sur les insectes, les oiseaux ou encore les écosystèmes aquatiques.

En décembre 2017, après de nombreuses négociations et malgré l’importante polémique entourant la substance, l’Union européenne a voté pour le renouvellement de l’autorisation du glyphosate pour cinq ans. La Belgique a voté contre, regrettant que l’approbation ne soit pas accompagnée de mesures de transition vers des alternatives, et ne s’est pas arrêtée là. Bien que le glyphosate soit toujours autorisé à la vente, les Régions ont toutes les trois interdit son utilisation par les particuliers ! Plus récemment, le gouvernement bruxellois a annoncé poursuivre la Commission européenne devant la Cour de justice européenne pour violation du principe de précaution. La polémique est donc loin d’être clôturée.

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Les néonicotinoïdes, les pollinisateurs en première ligne

Les néonicotinoïdes, « néonics » pour les habitués, ont eux aussi défrayé la chronique. Depuis plusieurs années ces insecticides sont accusés de présenter des risques élevés et graves pour les abeilles. Face aux données scientifiques disponibles, l’Union européenne a imposé en 2012 une interdiction temporaire de l’utilisation de trois substances néonicotinoïdes sur la plupart des cultures (tournesol, maïs, colza), excepté sur les céréales à paille et les betteraves. Ces restrictions étaient une mesure de précaution en attendant une réévaluation approfondie de leurs effets et la prise d’éventuelles mesures permanentes.

Fin février 2018, l’Agence européenne de la sécurité des aliments a publié ses conclusions : la plupart des différentes utilisations des néonicotinoïdes posent un risque pour les abeilles. Beaucoup plaident désormais pour leur interdiction.

Déjà en juillet 2016, le Conseil supérieur de la Santé publiait un avis sur les néonicotinoïdes et leurs effets sur la biodiversité et la santé. Le Conseil y soulignait « l’urgence d’études complémentaires sur la toxicité de ces composés, l’exposition humaine à ceux-ci, ainsi que sur leurs effets sur les services écosystémiques » et prônait « le renforcement de la transition vers des pratiques de lutte intégrée pour réduire l’utilisation des néonicotinoïdes et du fipronil ».

Ce qu’il faut retenir : de nombreuses études démontrent des effets toxiques des pesticides sur la santé et la biodiversité. Les abeilles en sont les premières victimes. Pensez-y avant d’en utiliser pour votre jardin, votre potager ou pour vos plantes… Et n’oubliez pas que le glyphosate est interdit d’utilisation par les particuliers en Belgique.

Des solutions alternatives existent : 

www.ecoconso.be/fr/content/8-conseils-pour-preparer-un-jardin-ecologique

www.printempssanspesticides.be

www.zonderisgezonder.be

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