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BeBiodiversity Quand les cétacés se heurtent aux bateaux…

Quand les cétacés se heurtent aux bateaux…

Dans des océans de plus en plus encombrés par un trafic maritime croissant, il n’est pas rare qu’un bateau percute une baleine, un dauphin ou un marsouin. Les collisions avec les bateaux sont à présent une cause de mortalité majeure chez les cétacés.

Malgré leurs aptitudes de plongeur hors pair, la vie des baleines, dauphins et marsouins est intimement liée à la surface des océans. C’est là que se déroulent plusieurs aspects fondamentaux de leur existence: respiration, périodes de repos, sommeil, déplacements sur de longues distances, divers comportements sociaux, nourriture, etc.

Mais si la surface des océans est vitale pour les cétacés, elle est aussi le lieu d’un trafic maritime intense composé de milliers de bateaux. Au cours de la dernière décennie, le développement du commerce international a entraîné une intensification du trafic maritime. Par ailleurs, la taille et la vitesse des bateaux ne cessent de croître pour des raisons commerciales et économiques.

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Baleine franche de l'Atlantique Nord tuée par des hélices de navire

Ce phénomène a des répercussions sur la faune marine. En effet, les cétacés ne parviennent malheureusement pas toujours à détecter la menace ou à s’éloigner assez rapidement de la trajectoire des navires. Les blessures causées par l’impact avec la coque et les mutilations infligées par les hélices peuvent être fatales. Les collisions sont ainsi devenues une nouvelle menace majeure pour les cétacés.

Une base de données et des mesures envisageables

La Commission baleinière internationale (CBI) a lancé en 2009 une base de données recensant les collisions signalées à travers le monde afin de mieux étudier ce phénomène et proposer des solutions: la Ship Strikes Database. Parmi ces solutions, les scientifiques recommandent de diminuer la vitesse de navigation des bateaux, de modifier le tracé des routes maritimes afin d’éviter les zones les plus fréquentées par les cétacés et de développer les outils technologiques pour localiser les baleines et informer les équipages de leur présence en temps réel.

De telles mesures ont été adoptées par les Etats-Unis et la Canada afin de protéger les baleines franches de l’Atlantique Nord. Autrefois victime d’une chasse intensive, il n’en reste plus que 500 individus. Les collisions sont la cause de 35% de la mortalité chez ces animaux. Les résultats des mesures adoptées sont encourageants et montrent une diminution de 90% du nombre de collisions pour cette espèce menacée. Malheureusement, il n’existe aucune restriction de vitesse dans les eaux internationales et rares sont les pays qui ont pris de telles mesures dans leurs eaux territoriales.

– 2016 Conservation Committee Report, p. 9 et 10 (https://iwc.int/iwc66docs).

– ASCOBANS Document AC17/Doc.6-06 (2011): Risk Assessment of Potential Conflicts between Shipping and Cetaceans in the ASCOBANS Region, p. 12 et 33. (http://www.ascobans.org/sites/default/files/basic_page_documents/AC18_6-04_rev1_Pro­jectReport_ShipStrikes.pdf).

– CONN (P. B.) and SILBER (G. K.), Vessel speed restrictions reduce risk of collision-related mortality for North Atlantic right whales, 2013, Ecosphere 4(4):43. http://dx.doi.org/10.1890/ES13-00004.1.

– Day Five of IWC 2016 (http://uk.whales.org/blog/2016/10/day-five-of-iwc-2016).

– F. Ritter, Collisions of Vessels with Cetaceans: how to mitigate an issue with many unknowns.

– IUCN Document: Maritime traffic effects on biodiversity in the Mediterranean Sea (Volume1), éd. A. Abdulla et O. Linden, 2008, p. 12.

– Ship Strikes Database (https://iwc.int/ship-strikes)

– Simmonds (M. P.) et Brakes (P.), « Whales and Dolphins on a Rapidly Changing Planet », Whales and Dolphins: Cognition, Culture, Conservation and Human Perception, dir. P. Brakes et M. Simmonds, London, Earthscan, 2011, p. 173 et 174.

– Statistiques de UNCTAD (http://unctadstat.unctad.org/wds/TableViewer/tableView.aspx).

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