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BeBiodiversity Une trentaine d’espèces animales migratrices dorénavant mieux protégées

Une trentaine d’espèces animales migratrices dorénavant mieux protégées

Une de nos collègues s’est rendue aux Philippines, pour représenter la Belgique lors de la 12ème conférence de la Convention sur les espèces migratrices (CMS). Elle nous a rapporté des nouvelles encourageantes : plus de 100 pays se sont engagés à protéger 31 espèces d’animaux sauvages.

De nombreuses espèces animales se déplacent de manière cyclique et souvent sur de longues distances, pour ensuite revenir dans leur région de départ. Certaines espèces ne vont parcourir que quelques centaines de kilomètres, lorsque d’autres effectuent presque un tour du monde chaque année. Le plus souvent, les animaux migrent dans le but de se reproduire dans un environnement plus favorable et où la nourriture est plus abondante. La migration permet aussi à la sélection naturelle de faire son œuvre. Au cours du voyage, certains spécimens seront capturés par des prédateurs, et les animaux faibles ne parviendront souvent pas à destination. Les plus forts finiront le voyage  et s’accoupleront pour engendrer une progéniture plus résistante, et ainsi améliorer la descendance de l’espèce.

Quand on parle de migration on pense souvent aux oiseaux, comme certaines oies sauvages. Mais les volatiles sont bien loin d’être les seuls à se déplacer: des poissons, insectes et mammifères migrent également. Sur les 1 750 000 espèces animales recensées, de 8000 à 10 000 sont considérées comme migratrices. Etonnamment, ce sont généralement les espèces qui vivent le plus au Nord qui vont hiverner le plus au Sud !

BeBiodiversity Une trentaine d’espèces animales migratrices dorénavant mieux protégées

Des espèces qui nous rendent des services indispensables

La préservation des espèces migratrices n’est pas qu’une question d’éthique, c’est une nécessité pour l’humanité. Elles ont un rôle critique dans les écosystèmes qu’elles traversent et nous prodiguent de nombreux services en termes par exemple de bien-être (saviez-vous qu’une chauve-souris peut manger jusqu’à 1000 insectes par heure ?), d’économie (l’écotourisme autour des requins rapporte aux Maldives vingt millions de dollars par an) ou d’alimentation (pollinisation). Malheureusement les espèces migratrices font face à des obstacles majeurs sur leur parcours, dont un grand nombre sont dus à l’activité humaine : le bruit et les lumières qui les empêchent de bien se repérer dans l’espace, les zones polluées (nombre d’animaux marins sont blessés ou meurent après avoir ingéré des débris marins ou s’y être enchevêtrés), les clôtures et axes routiers ou ferroviaires qui leur barrent le chemin, etc.

La Convention sur les Espèces Migratrices (CMS), appelée également Convention de Bonn, existe depuis 1979 et dépend des Nations-Unies.  Certains grands états comme les Etats-Unis, la Chine et le Canada n’en font malheureusement pas partie, mais la Belgique en est membre depuis 1990. Cette année, les 124 états membres ont décidé de classer, sur base de données scientifiques, plusieurs espèces migratrices sur des listes de protection.

Une petite vidéo de présentation de la CMS : https://www.youtube.com/watch?v=ECWzxox3A3A

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Cette protection renforcée concerne notamment des requins, raies, vautours mais aussi le lion, le chimpanzé, la girafe et le léopard. Des plans d’actions ont aussi été décidés, notamment pour l’éléphant d’Afrique et plusieurs mammifères marins.

Le pays-hôte, les Philippines s’investit particulièrement dans la protection du requin baleine et de la raie guitare géante. Au cours de la conférence, le pays a présenté ses projets d’écotourisme menés avec la population locale en faveur de ces deux espèces. Désormais, les anciens pêcheurs utilisent leurs bateaux pour amener les touristes sur les sites de plongée et d’observation ce qui leur rapporte bien plus que de vendre la chair ou les ailerons de requins ou de raies.

Les états membres se sont engagés à renforcer leur coopération, échanger davantage d’informations et prendre plus de décisions basées sur des considérations scientifiques au sujet du bruit en mer, des déchets marins, des prises accidentelles, de l’impact du climat et du tourisme durable.

 

Plus d’info sur  www.cms.int

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