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BeBiodiversity Bois et instruments de musique

Bois et instruments de musique

Malgré d’importantes avancées concernant notre connaissance des matériaux, le bois reste le matériau de prédilection pour la construction des instruments de musique. Ce sont les caractéristiques uniques de poids, de dureté, de résistance et de capacité à résonner qui en déterminent l’utilisation pour les instruments à cordes, les instruments à vent et les percussions. Chaque instrument est un assemblage de bois durs et tendres à la recherche des conditions optimales de sonorité.

À l’échelle globale, le besoin en bois de l’industrie des instruments de musique est plutôt réduit. Plus que le nombre total d’arbres abattus, c’est le fait que plus de deux cents espèces soient concernées qui interpelle. Actuellement, 35% des espèces d’arbres utilisées pour la fabrication des instruments sont menacées d’extinction. Le palissandre, le bois de rose ou l’ébène sont souvent de grands arbres solitaires dont l’exploitation nécessite la coupe à blanc de larges surfaces boisées.

Malheureusement, le besoin, ou plutôt le désir d’utiliser des arbres âgés, rares, exotiques, à la croissance lente, est ancré dans la tradition des grands fabricants. Mais ils sont conscients que les bois qu’ils utilisent depuis des années deviennent rares et très coûteux. Ce sont des entreprises familiales très concernées par la question de la pérennité des ressources, garante de leur survie et de l’héritage qu’elles transmettront aux générations futures. Elles sont tout à fait disposées à intégrer des espèces alternatives dans leur processus de fabrication. Mais il faut que les acheteurs suivent.

La société Martin fabrique des guitares depuis plus de 175 ans. Pour Chris Martin, sixième dans la lignée des descendants du fondateur historique et actuel dirigeant, le constat est simple : « La tradition n’est pas une raison suffisante pour continuer à arpenter impunément une voie sans issue ». Son concurrent Bob Taylor déclarait : « Le palissandre de Rio n’est plus disponible depuis 25 ans, nos stocks de bois disparaissent. Seul un tronc d’ébène sur dix présente la couleur noire uniforme attendue par une industrie autrefois trop exigeante. Avec les anciennes techniques d’exploitation, neuf troncs coupés étaient laissés au sol. Actuellement, l’objectif est de promouvoir une plus grande diversité esthétique pour le choix de l’ébène afin de mieux utiliser le bois que la forêt offre. Nous n’avons plus le luxe de gaspiller. »

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Au fil du temps, des espèces comme le palissandre indien ont rejoint la liste des espèces dont le commerce et le transport sont strictement réglementés par la CITES (Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d’extinction), une mesure devenue indispensable sous peine de voir l’espèce disparaître définitivement.

La seule solution pour les fabricants est de recourir à des arbres issus de forêts exploitées de manière durable. Cela implique qu’ils soient exploités d’une manière qui réduit l’impact sur les écosystèmes, la flore et la faune sauvages. Des arbres sont replantés pour garantir la pérennité des espèces.

Peu à peu les fabricants proposent dans leurs catalogues des modèles certifiés FSC (Forest Stewardship Council) ou plus rarement produits à base de bois labellisé PEFC (Program for the Endorsement of Forest Certification). Ces labels assurent que la production de bois ou d’un produit à base de bois respecte les procédures garantissant la gestion durable des forêts. Pour qu’une guitare soit certifiée FSC, 100 % du bois entrant dans sa composition doit être certifié. C’est parfois compliqué pour le fabricant, car pour les espèces non-menacées, la certification n’est pas toujours disponible. Certains grands fabricants font appel à du bois alternatif non certifié, en s’assurant toutefois que l’exploitation de ce bois exerce une moins grande pression sur des écosystèmes précieux. Quelques petits artisans indépendants font également usage de bois alternatifs, certifiés ou non pour la production d’instruments.

Malgré tout, certains musiciens restent persuadés que les espèces rares ont un son différent. Mais un instrument de musique est  toujours composé d’un assemblage de divers bois provenant du monde entier. Pour les tenants d’une lutherie moderne et durable, les techniques de construction définissent tout autant la qualité du son de l’instrument que les bois utilisés.

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Que faire ?

Informez-vous avant l’achat sur l’origine des bois qui composent votre instrument et sur la politique du fabricant en matière d’approvisionnement. Achetez un instrument avec vos oreilles, en faisant abstraction de vos a priori sur la « noblesse » des bois utilisés. De nouvelles espèces font leur apparition sur le marché des instruments de musique, leur donner une chance, c’est donner une chance à l’une des septante espèces menacées par la surexploitation !

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