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BeBiodiversity La lutte contre les espèces exotiques invasives s’organise

La lutte contre les espèces exotiques invasives s’organise

Les espèces exotiques envahissantes, aussi appelées espèces invasives, sont des espèces introduites par l’homme en dehors de leur aire d’origine. Elles constituent une menace importante pour la biodiversité et les services fournis par les écosystèmes comme la production végétale, l’épuration de l’eau et la pollinisation.

Les espèces exotiques envahissantes

Environ 12 000 espèces exotiques ont été observées jusqu’à ce jour dans l’Union européenne. De 10 à 15% d’entre elles environ sont considérées comme envahissantes et sont susceptibles d‘occasionner des dommages à l‘environnement. Que ce soient des micro-organismes, des mammifères, des algues, des plantes supérieures, des invertébrés, des poissons et des oiseaux, les espèces exotiques envahissantes sont souvent plus compétitives et plus voraces que les espèces indigènes. Certaines sont en outre porteuses de nouveaux agents pathogènes qui peuvent s’avérer fatals pour les espèces avec lesquelles elles cohabitent dans leur aire d’introduction. Elles peuvent également affecter le fonctionnement des écosystèmes en modifiant les propriétés du sol ou de l’eau.

49 espèces listées à ce jour

La liste d’espèces exotiques envahissantes préoccupantes pour l’Union européenne (lien) reprend des espèces exotiques considérées comme très néfastes pour l’environnement. La composition de la liste est définie par une série de critères objectifs et repose sur une évaluation scientifique des risques. La liste, adoptée en juillet 2016, comprenait initialement 37 espèces exotiques envahissantes. 12 espèces viennent de s’y ajouter.

La Belgique sur la bonne voie

Sous l’impulsion de la communauté scientifique, les autorités belges se sont engagées depuis plus de dix ans dans la prévention et la lutte contre les espèces exotiques envahissantes. Elles ont notamment co-financé un projet Life de communication sur les plantes ornementales invasives (AlterIAS, 2010-2013) qui a été mené en partenariat avec tout le secteur horticole. Ce projet a permis la mise en place d’un code de conduite encourageant chaque professionnel à ne plus produire, vendre ou planter les espèces végétales exotiques dont le tempérament envahissant est avéré.

De nombreuses actions de lutte contre les espèces exotiques envahissantes reprises dans la liste européenne ont en outre déjà été menées par les autorités régionales, provinciales et communales de Belgique. En Flandre, par exemple, une campagne d’éradication de l’écureuil à ventre rouge (Callosciurus erythraeus) a été réalisée avec succès dans un parc urbain de 15 hectares (Dadizele), où 248 individus ont été capturés entre octobre 2005 et janvier 2011. En Wallonie, c’est un moustique exotique (Aedes japonicus) (non repris dans la liste européenne) qui a pu être éliminé autour du village de Natoye suite à une campagne de lutte. Ces exemples montrent qu’il est possible d’éliminer complètement une espèce exotique envahissante pour peu que les actions de lutte soient mises en place rapidement.

Quelques exemples d’espèces invasives de la liste européenne

L’élodée de Nuttall (Elodea nuttallii), originaire d’Amérique du Nord, est une plante aquatique assez largement répandue en Europe occidentale. Elle colonise de nombreux plans d’eau et des rivières aux eaux lentes et riches en nutriments, où elle forme des populations denses qui asphyxient et accélèrent leur comblement.

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L’élodée de Nuttall (Elodea nuttallii)

La berce du Caucase (Heracleum mantegazzianum) est une plante ornementale qui a été plantée pour ses vertus esthétiques et mellifères. Elle se disperse dans l’environnement et envahit les bords de route, les berges de rivière, les lisières forestières et les prairies gérées de manière extensive depuis quelques dizaines d’années. Cette ombellifère géante peut occasionner de graves brûlures lors d’un contact avec la peau.

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La berce du Caucase (Heracleum mantegazzianum)

Élevée dans plusieurs pays d’Europe pour la production de viande et pour l’aquariophilie, l’écrevisse de Louisiane (Procambarus clarkii) s’échappe facilement des bassins où elle est détenue. Elle endommage fortement les digues en creusant son réseau de galeries, détruit la végétation aquatique et accroît la turbidité de l’eau. Elle est porteuse saine d’un champignon parasite fatal aux écrevisses indigènes. C’est une espèce émergente en Belgique.

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l’écrevisse de Louisiane (Procambarus clarkii)

Le frelon asiatique (Vespa velutina) a été introduit accidentellement dans la région de Bordeaux en 2005, à partir de laquelle il a rapidement colonisé l’ensemble du territoire français. Il commence à s’établir en Belgique, avec un premier nid détecté et détruit en 2016 dans la région de Tournai. Par la prédation qu’il exerce sur les abeilles domestiques, il participe à l’affaiblissement des ruchers.

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Le frelon asiatique (Vespa velutina)

Venue d’Amérique du Nord, la grenouille taureau (Lithobates castebeianus) prospère facilement dans les plans d’eau et les étangs de pêche riches en nutriments. Très vorace, elle élimine les autres amphibiens là où elle s’installe. Elle est porteuse saine d’un champignon pathogène qui participe au déclin de nombreux amphibiens dans le monde. En Belgique, elle est surtout présente en Campine.

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La grenouille taureau (Lithobates castebeianus)

L’ouette d’Egypte (Alopochen aegyptiacus), originaire d’Afrique, a commencé à se reproduire en Wallonie à la fin des années 1980. C’est surtout à partir des années 2000 qu’elle a connu une très forte dynamique d’expansion. Son agressivité envers les autres oiseaux et la dégradation des berges des plans d’eau qu’elle occasionne ont mené en 2010 au classement de l’Ouette dans la Liste noire des espèces invasives en Belgique.

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L'ouette d'Egypte (Alopochen aegyptiacus)

Le chien viverrin (Nyctereutes procyonoides), originaire d’Asie, a été introduit en Europe il y a plus d’un demi-siècle pour la production de fourrure. Certains de ces animaux ont été relâchés dans la nature et ont formé des populations férales aujourd’hui en pleine expansion. Il consomme une grande diversité d’aliments (végétaux, petits mammifères, oiseaux nichant au sol, batraciens…) et constitue un vecteur pour de nombreux agents athogènes. Il forme un important réservoir pour la rage dans le nord de l’Europe.

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Le chien viverrin (Nyctereutes procyonoides)

Le muntjac (Muntiacus reevesi) est un cervidé prolifique de très petite taille qui atteint localement des densités très élevées, concurrence sérieusement le chevreuil et cause des dommages persistants à la végétation forestière. Une espèce encore très peu présente en Europe à l’exception du Royaume-Uni. Des individus erratiques sont régulièrement signalés en Belgique.

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Le muntjac (Muntiacus reevesi)

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