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BeBiodiversity La pollution sonore : un danger pour les cétacés

La pollution sonore : un danger pour les cétacés

Trafic maritime, sonars, forages pétroliers, extractions de gaz, parcs éoliens offshore… La mer n’est plus un monde de silence. L’activité humaine en mer génère de plus en plus de bruit dans les océans. A tel point que la pollution sonore sous-marine représente à présent une menace sérieuse pour les cétacés qui utilisent les sons pour communiquer et l’écholocation pour se diriger et chasser.

Des étendues d’eau immenses, des profondeurs pouvant attendre plusieurs milliers de mètres… Tel est le milieu dans lequel les cétacés vivent depuis des millions d’années. Afin de survivre au sein de cet univers aquatique où la lumière est faible (parfois imperceptible) mais où le son voyage plus vite et plus loin que dans l’air, les cétacés ont développé une puissante ouïe ainsi qu’une vaste gamme de signaux vocaux. Les cétacés comptent davantage sur leur ouïe que sur leurs yeux pour se représenter leur environnement, communiquer, s’orienter, chasser, trouver un congénère et repérer d’éventuelles menaces.

Le monde du bruit sous-marin

La pollution sonore sous-marine est constituée de plusieurs types de bruit. L’utilisation de sonars dans le cadre d’activités militaires ainsi que la prospection sismique sous-marine produisent des sons puissants et répétés tandis que les bateaux engendrent un bruit de fond permanent et omniprésent à basse fréquence.

Cette agitation n’est pas sans conséquences pour ces mammifères marins : confusion de la communication entre eux, changements de comportement, abandon de zones nourricières, désorientation provoquant des échouages, surdité temporaire ou permanente, hémorragies internes, stress susceptible d’avoir des conséquences sur la reproduction,… Les perturbations sont donc variées et parfois mortelles.

Cette pollution sonore a malheureusement connu une inquiétante augmentation en raison de la croissance permanente des activités qui en sont à l’origine. En effet, le nombre de bateaux en circulation aurait augmenté de 9% en à peine cinq ans. Vu que le bruit se propage très loin dans l’eau, le bruit  est omniprésent et les cétacés ne peuvent donc y échapper.

Diverses mesures sont recommandées par les scientifiques pour endiguer la pollution sonore parmi lesquelles la diminution de la vitesse de navigation des bateaux, la conception de bateaux moins bruyants et le développement de méthodes alternatives pour la prospection sismique. A l’heure actuelle, il n’existe aucune norme limitant le bruit causé par les bateaux. Quant aux sons plus puissants (sonars, explosions, forages, etc.), ils sont absents des réglementations internationales et rarement pris en compte dans les législations nationales.

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Les belges et les baleines

Notre pays fait partie de la Commission Baleinière Internationale (CBI) depuis 2004. Bien que cette organisation qui compte à présent 87 États membres ait pour rôle historique la réglementation de la chasse, la CBI se préoccupe désormais également des autres menaces qui pèsent sur les cétacés.

La CBI est une organisation mal connue. Pourtant, elle joue un grand rôle dans la recherche scientifique, organise des groupes de travail et émet de nombreuses recommandations pour leur conservation. Ainsi, lors de sa dernière réunion en octobre 2016, la CBI a reconnu la pollution sonore comme étant une menace importante et a déclaré que des mesures devaient être prises rapidement. La Commission a souligné la nécessité de porter ce problème à l’attention de l’Organisation Maritime Internationale (OMI) qui est compétente notamment pour les standards techniques des bateaux et les eaux internationales.

La commissaire belge Stéphanie Langerock suit le dossier des mammifères marins au sein de la DG Environnement du SPF Santé publique.  Notre pays est très actif au sein de la CBI puisqu’il a été élu à la présidence de deux groupes de travail importants. Le Standing Working Group of the Bycatch Mitigation Initiative traite des prises accessoires – une autre grande menace pour les cétacés – et le Voluntary Conservation Fund vise à chercher des financements pour des mesures de conservation des baleines.

Toujours en octobre 2016, la Belgique est devenue membre d’un troisième groupe de travail fondamental pour la survie des baleines : celui de la recherche menée sans tuer de cétacés (Southern Ocean Research Partnership). Ce partenariat de douze pays a pour but de promouvoir la protection des baleines sans les tuer. Il contrebalance la position du Japon qui continue à tuer des baleines sous prétexte de recherche scientifique. Le soutien de notre pays à ce partenariat prendra la forme de recherche scientifique dédiée à la conservation et à la protection des cétacés.

Pour épauler les représentants belges, un réseau d’experts a été créé. Le Belgian Cetaceans Network rassemble des scientifiques, des associations de terrain, des ONG, des entreprises et des décideurs politiques. Son objectif est de préparer les décisions politiques que notre pays doit prendre au niveau national et international.

D’autres programmes de recherche sont menés en Belgique tant par l’Institut Royal des Sciences Naturelles de Belgique que par des chercheurs universitaires. Ces recherches qui ciblent plutôt les cétacés en mer du Nord et dans l’Antarctique sont reconnues internationalement.

 

Pour plus d’informations sur les cétacés :

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